Enquête réalisée en ligne, du 12 au 17 novembre 2015. Echantillon de 1 030 individus utilisateurs de Viadeo, représentatif des salariés (occupés ou non-occupés) dans le secteur privé.

Redressement appliqué aux variables suivantes : sexe, âge, région, catégorie socioprofessionnelle et statut d’activité de l’interviewé(e).

6 questions-clefs pour identifier le « moral »  des salariés du privé membres de Viadeo par rapport à l’emploi

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3 questions sur la situation collective

  1. Préoccupation à l’égard du niveau du chômage en France
  2. Pronostic sur l’embauche des entreprises en général dans les 6 prochains mois
  3. Pronostic sur l’embauche des entreprises de son secteur dans les 6 prochains mois

2

3 questions sur sa situation personnelle

  1. Perception de la probabilité d’être en emploi dans 6 mois
  2. Pronostic sur sa capacité à (re) trouver un emploi en cas de chômage
  3. Capacité à envisager un changement dans sa vie professionnelle

L’indice global sur la perception du marché de travail auprès des salariés du privé[1] s’établit en novembre à 44 sur 100[2], soit une valeur un peu supérieure à celle de septembre (42), traduisant un regard assez morose[3]. Certes, les participants à l’enquête sont un peu moins pessimistes pour eux-mêmes que pour leur secteur ou l’ensemble du marché du travail, mais la tendance générale demeure en dépit de la légère progression assez sombre, particulièrement aux yeux des salariés de 50 ans et plus (37, contre 34 en septembre) et logiquement des chômeurs (33, soit un point de plus qu’en septembre). À l’inverse, les salariés les plus jeunes portent un regard un peu plus positif (48, soit +1), tout comme les cadres (48, soit +2), mais affichent également un score inférieur à la « note moyenne » de 50/100.

  • Une préoccupation très importante à l’égard du niveau de chômage en France. Parmi les composantes de l’indice, la plus négative concerne la préoccupation à l’égard du niveau de chômage dans le pays :89% des salariés du privé déclarent être inquiets à ce sujet, et même 40% « très préoccupés ». Toutes les catégories de population font part d’une forte inquiétude, la proportion d’individus préoccupés atteignant même 95% parmi les personnes âgées de 50 ans et plus et chez les chômeurs. Ce niveau de préoccupation est quasi-identique à celui de septembre (90%).
  • Des salariés du privé partagés sur les perspectives d’embauche des entreprises en général malgré un optimisme en progression. Les pronostics concernant l’embauche des entreprises dans les six prochains mois sont plus optimistes qu’en septembre mais demeurent relativement partagés. 46% des répondants estiment que les entreprises en général vont plutôt embaucher dans les six prochains mois, soit 7 points de plus que le mois dernier, mais seulement « un peu » (44%, contre 2% « beaucoup »). À l’inverse, 38% anticipent plutôt qu’elles vont licencier, dont 15% craignant même qu’elles licencient « beaucoup ». 16% estiment enfin qu’elles ne vont ni embaucher, ni licencier. Les plus susceptibles d’affirmer que les entreprises vont licencier sont les salariés avec 11 à 20 ans d’ancienneté (47%) et les ouvriers (55%)

  • Des salariés du privé qui anticipent toujours assez peu d’embauches dans leur secteur ou leur entreprise. Lorsque les répondants sont interrogés sur leur propre secteur d’activité ou leur propre entreprise, 19% indiquent que la tendance est plutôt aux recrutements, soit une très légère hausse par rapport à septembre (17%), tandis que 39% considèrent que la tendance est plutôt aux licenciements ou au non-remplacement des départs. Selon 42% des actifs, la tendance est plutôt à la stabilité des effectifs. Comme en septembre, les salariés qui évoluent dans le secteur tertiaire sont légèrement plus optimistes que la moyenne (28% anticipent des recrutements dans leur secteur) tandis que ceux travaillant dans l’agriculture, l’industrie ou la construction anticipent au contraire davantage des restrictions de personnel (45%). En revanche, on observe peu de différences selon la taille d’entreprise.
  • Un tiers des salariés du privé estiment qu’ils sont confrontés à un risque fort d’être au chômage dans six mois. 33% des répondants estiment qu’il y a un risque « très fort » (13%) ou « plutôt fort » (20%) d’être au chômage dans six mois (ils étaient 34% en septembre). Les chômeurs actuels anticipent peu de retrouver un emploi, puisque 74% considèrent qu’ils ont de fortes chances d’être encore dans cette situation dans six mois. Cette crainte est également davantage partagée par les femmes (37%), les CSP- (37%) et les seniors (40%).
  • Et, comme en septembre, près des trois quarts d’entre eux pensent que dans cette situation, ils peineraient à revenir sur le marché du travail. 69% (-2 points / septembre) des répondants estiment qu’au chômage, ils éprouveraient des difficultés à retrouver un emploi : 47% assez difficilement et 22% très difficilement. Les chômeurs actuels (86%), les femmes (74%), les employés (71%) et les seniors (83%) sont les plus nombreux à juger qu’ils ont ou auraient des difficultés dans cette situation. Les réponses évoluent peu en fonction des secteurs d’activité.
  • Une mobilité souhaitée, mais souvent contrariée. 39% des salariés du privé aimeraient connaître un changement dans leur vie professionnelle (changer d’entreprise, de secteur ou de pays) et oseraient le faire aujourd’hui. Cette proportion monte même à 49% parmi les chômeurs. Mais 35% aimeraient le faire et n’oseraient guère franchir le pas. Ces proportions sont très proches de celles observées en septembre (respectivement 41% et 35%).

[1] Dans le cadre de cette note, les termes « salariés du privé » ou « actifs du privé » renvoient aux personnes membres de Viadeo actuellement salariées du secteur privé ou à la recherche d’un emploi dans le secteur privé.

[2] Les 6 indices détaillés sont calculés sur la base suivante : les réponses exprimant les jugements les plus positifs/optimistes se voient attribuer la note de 100, ceux plutôt positifs la note de 75, ceux plutôt négatifs la note de 25, ceux les plus négatifs/pessimistes la note de 0, et – le cas échéant – les jugements neutres sont notés par un 50. L’indice détaillé se présente donc sous la forme d’une note de 0 à 100, qui constitue la moyenne des notes obtenues auprès de l’ensemble des personnes interviewées. L’indice global se présente également sous la forme d’une note de 0 à 100, et est calculé à partir de la moyenne des 6 indices détaillés.

[3] Il est possible que le profil de l’échantillon, composé uniquement de membres Viadeo, ait un impact sur les résultats collectés : on pourrait postuler que les personnes en recherche active d’emploi, surreprésentées sur Viadeo, portent par défaut un regard plus inquiet que la moyenne sur leurs perspectives professionnelles.